Flic en herbe

Publié le par Plume Noire

Méthode pour se faire casser la gueule gratuitement!



Mardi 21 Juillet - 23H45 - Station de métro La Vache.

Je suis parvenu à sortir de justesse, laissant  Pauline se faire dévorer par la rame de métro. Les portes se sont deja refermée. J'ai l'air con avec les deux téléphones dans les mains. Je monte donc les deux étages de la station pour l'attendre aux portiques.

Je croise un SDF qui gruge la barrière pour handicapés. Je le regarde passer sans rien dire. Il a bien raison de venir se mettre à l'abri. Dehors il pleut. Demain il pleut.


Deux jeunes se cachent à l'angle d'un mur en rigolant. Ils se moquent du clochard. Ce dernier descend tant bien que mal les escalier vers les quais.


Nos jeunes espions sortent alors de leur cachette, grugent eux aussi la barrière pour handicapés. L'un prend l'ascenseur, l'autre se met à dévaler les escaliers à toute vitesse.


Je me détourne de cette moquerie absurde. J'attends. Un homme mal rasé arrive et s'arrête à quelques pas devant moi le temps de remettre correctement sa guitare sur son dos. Il me demande si le métro est fermé. Je répond aimablement que non, qu'il peut prendre sa rame. Je le regarde descendre à son tour jusqu'au premier niveau.


Mon attention se porte de nouveau sur le SDF, qui est maintenant sur les quais, assis sur un banc à coté d'une jeune demoiselle. Les deux autres jeunes sont là aussi. Ils parlent au clodo. Les lascars rigolent. Le clochard non.


Tout s'accélère. un des jeunes rafle un des sacs du clochard et se barre en courant. Le vagabond se met à crier. L'homme au premier étage aussi. Et moi je ne bouge pas. Je prend le temps de regarder autour de moi. Et j'aperçois la solution.


Merde, je vais pas rester comme un con sans rien faire. Alors je me met à courir et j'appuie sur le bouton
APPEL D'URGENCE.

Ça sonne. Ça grésille.


-Oui? Il y a un problème?

-Oui il y a deux individus qui ont l'air d'agresser un SDF.
-Il y a quoi?
-Il y a deux - jeunes- individu - qui -agressent - une -SDF!!!
-Vous êtes où monsieur?
Putain sans déconner ils savent pas depuis quelle borde d'urgence j'appelle??

-Je suis à LA VACHE.
-Merci. Il n'y a pas de vigile là-bas.... A quoi ressemble les individus monsieur?
-Deux jeunes maghrébins.. Ce sont deux jeunes. Je crois qu'il y en a un qui à un short blanc et un haut bleu.

Et là à 20 mètres de moi j'entends du bruit. Je me retourne. Et je vois que le type que je suis en train de décrire m'a repéré. Merde.


-On ne les voit pas. A quoi ils ressemblent monsieur?


Alors je m'appuie contre le mur, je regarde droit dans les yeux le petit crétin qui me fixe aussi en criant à son pote de remonter car quelqu'un (moi) est en train d'appeler la sécurité et je décris le premier individu.


-Alors le premier à un pantacourt blanc cassé, avec un tee-shirt bleu clair délavé. Je ne vois pas le deuxième, il est plus bas dans les niveaux.

-Ah oui monsieur je le vois.
-Je vois le deuxième maintenant. Il est en pantalon gris, un haut blanc avec rayure rouge et bleu sur les manches....

Le premier type se rapproche de moi, et cette foutu borne d'urgence qui gueule de plus en plus fort ce que me dit le type: Pas de vigile sur place, je vois les deux individus, appelez machin chose, merci monsieur...Et ça raccroche.


Les deux crétins sont maintenant devant moi. Le clodo est à quelques mètres en train de gueuler "pourquoi tu fais ça putain?" . En clair j'obtiendrais pas d'aide de ce misérable qui m'a l'air bien saoul.


-Hey monsieur, vous appelez pourquoi là?

-Moi? pour rien, j'attends quelqu'un.

Et là Pauline apparaît en haut de l'escalier, et on est partit.

J'avais commencé à flipper, mais je n'ai rien laissé paraître.


J'ai fait une bonne action. Une simple action que d'appuyer sur un bouton, mais que peu de monde aurait fait. Mais j'ai quand même l'impression de n'avoir rien fait car au final les trois sont sortit, l'un voulant rattraper les deux premiers qui détenaient son sac. De toute manière je ne pouvais rien faire de plus, je ne suis encore qu'un citoyen lambda.



Image extraite de la couverture du recueil de photo 17 POLICE.

Publié dans Quotidien

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